Publié sur France 24 (http://www.france24.com/fr)
La police charge les manifestants à Erevan
Par AFP
Créé 01/03/2008 - 17:32

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5 000 manifestants de nouveau réunis dans la capitale arménienne après une première dispersion

Environ 5 000 manifestants de l'opposition se sont réunis à nouveau samedi à Erevan, peu après la dispersion de leur village de tentes et l'assignation à résidence de leur chef, Levon Ter-Petrossian, qui conteste sa défaite à la présidentielle, a constaté une journaliste de l'AFP.
   
Les manifestants scandaient "Levon !" ou bien encore "Serge pars !", dans une allusion au vainqueur de l'élection présidentielle du 19 février, Serge Sarkissian, qu'ils accusent de fraudes.
   
Des dizaines de policiers antiémeutes étaient massés autour de la place Chaoumian où se sont rassemblés les manifestants, non loin de la mairie et des ambassades de France et d'Italie.
   
Toutes les rues attenantes étaient fermées à la circulation.
   
En revanche, le reste de la capitale arménienne était calme, les magasins étaient ouverts.
   
Quelques heures auparavant, tôt dans la matinée, les forces de l'ordre étaient intervenues pour disperser les quelque 1.500 opposants au président élu Serge Sarkissian qui campaient depuis plusieurs jours sous des tentes, dans le centre de la capitale arménienne.
   
Quant à Levon Ter-Petrossian, il a annoncé à la presse qu'il avait été assigné à résidence à Erevan par les autorités.
   
"La police m'a emmené à la maison. Je suis maintenant assigné à résidence", a déclaré dans son appartement le chef de l'opposition.
   
"Je dormais dans une voiture sur la place (de la Liberté) quand, vers 06H00 (02H00 GMT), j'ai reçu un appel pour me dire que la police approchait. A 06H40, (02H40 GMT), l'assaut (de la police) a commencé et des échauffourées ont éclaté", a-t-il raconté.
   
L'opposition conteste les résultats de l'élection présidentielle du 19 février qui a vu la victoire du candidat du pouvoir, le Premier ministre Serge Sarkissian, et manifeste quotidiennement depuis le 20 février.
   
Le mouvement, qui a réuni chaque après-midi 20.000 à 30.000 personnes, s'était jusqu'ici déroulé dans le calme.
   
"Le (vendredi) 29 février, nous avons reçu des informations selon lesquelles on allait distribuer des armes aux manifestants qui se trouvent sur la place (de la Liberté), et selon lesquelles, le 1er mars, ils allaient organiser des troubles massifs", a affirmé samedi un porte-parole de la police arménienne, pour expliquer l'intervention des forces de l'ordre.
   
M. Sayat Chirinian a ajouté, au cours d'une conférence de presse, que les manifestants avaient "attaqué" les policiers à coups de barres métalliques et jet de pierres.
   
Le président sortant Robert Kotcharian avait accusé l'opposition de vouloir préparer un coup d'Etat dans cette ex-république soviétique du Caucase et menacé d'une réponse "ferme" pour "maintenir la stabilité et l'ordre constitutionnel".
   
La Commission électorale a annoncé la victoire de Serge Sarkissian, allié du président sortant, avec 52,82% des suffrages contre 21,5% à Levon Ter-Petrossian et 16,6% à Artour Bagdassarian.